Le projet

Depuis quelques jours, le gouvernement recommande instamment le port de masques alternatifs (point presse quotidien de Jérôme Salomon, DGS, du 03/04/2020).

En raison de la pénurie actuelle, l’indisponibilité des masques anti-projection de type « chirurgicaux » a conduit à une recrudescence de tutoriels sur internet montrant des manières simples de fabriquer un masque à partir de tissus ou de serviette en papier. A titre d’exemples, citons le conseil de l’Académie Nationale de médecine relayé par BFM TV.

Dans ce contexte supporté par l’Académie Nationale de Médecine, il n’y a plus de doute, il faut confectionner des masques.

Bien qu’il faille se résoudre à accepter une situation du mieux que rien, il serait souhaitable de jouer la carte de la transparence en communiquant certes sur l’intérêt non nul des équipements anti projections mais aussi de rappeler que la performance et l’utilisation de ceux-ci sont différentes des masques chirurgicaux ou FFP2.

Notons que des premières études journalistiques (LeMonde du 06/04/2020 ; FranceTVinfo du 07/04/2020) de médias nationaux commencent à évoquer cet aspect en précisant qu’il est difficile d’évaluer l’efficacité de masques en tissus ne faisant pas l’objet d’homologation : Il est donc crucial de s’inscrire dans une démarche de validation de ces masques de type « DiY » (Do it Yourself).

Pour l’heure, les seules directives pour fabriquer des masques alternatifs en tissus fiables sont établies par la note interministérielle du 31 mars 2020 (DGS, DGA, DGE) présentant les capacités de filtration d’une série de tissus et le document de recommandation de l’AFNOR (SPEC S76-001).

Ces masques commencent à être produits par certaines entreprises textiles ou autres, et la méthode « DiY » devient « virale ». Les productions industrielles se réfèrent en grande majorité à la spécification AFNOR et aux données mises à disposition par la DGA sur la respirabilité et la capacité de filtration d’un panel de tissu. La performance et la fiabilité des initiatives relevant de la méthode « DiY », quant à elles, n’ont jamais été testés et peuvent représenter un danger pour les utilisateurs de ce type de masques.

Ce danger doit être considéré dans le cadre plus large des mésusages globaux qui doivent être impérativement prévenus :

  • Ne pas respecter les mesures  gouvernementales : distanciation sociale, confinement, application des mesures d’hygiène générale notamment le lavage des mains le plus souvent possible. Le port de masque va s’intégrer dans l’application des mesures générales et ainsi les renforcer et dans une certaine mesure les  compléter.
  • La durée d’utilisation de ce type de masque doit également impérativement être évaluée, sous peine d’une perte d’efficacité lors d’un port trop long.
  • Les usages inadaptés du port du masque: par exemple, le port d’un masque anti-projection lorsque l’on est seul conduit à un gaspillage des ressources.
  • Un lavage inefficace, comporte le danger de contamination, que ce soit du sèche-linge , ou de contamination secondaire de la personne.

Pour cette raison, le projet « MasKaDom », porté par la Société Française de Médecine de Catastrophe et l’Institut pour la Maîtrise des Risques avec l’aide d’un réseau collaboratif d’experts, vise à apporter des éléments de validation complémentaires des travaux actuels dans le but de proposer un référentiel de prototypes de masques ainsi que de tissus au travers d’indicateurs de performances (filtration, colmatage, microbiologie etc.).

Par ce projet, nous voulons prévenir les risques d’une utilisation de masques alternatifs non suffisamment protecteurs.